Programme › Premier semestre › Section 1

01

Raisonnement et vocabulaire ensembliste

Le langage dans lequel tout le reste de l'année sera écrit. Ce n'est pas un chapitre à apprendre : c'est un chapitre à absorber, en trois mois, à force de rédiger.

Champ Transversal Semestre 1 Points a · b · c Objectif Maîtrisé fin S1

Ce que dit le programme sur cette section

Un chapitre à ne pas enseigner d'un bloc

Le texte officiel est explicite sur deux points, et ce sont les deux plus importants pour vous.

  • Ce chapitre n'a pas vocation à être traité d'un seul tenant, ni en tout début de semestre. Les notions sont introduites progressivement, au fil des besoins. Si votre prof commence par les complexes, ce n'est pas un oubli.
  • L'acquisition est un objectif pour la fin du premier semestre, pas pour la fin de septembre. Vous avez le droit d'être maladroit en octobre. Pas en janvier.
  • Le programme se limite strictement aux notions de base ci-dessous. Toute étude systématique de la logique ou de la théorie des ensembles est hors programme : pas de tables de vérité formelles, pas d'axiomatique, pas de calcul propositionnel pour lui-même.

La finalité affichée est utilitaire : donner le vocabulaire, les notations, les outils et les modes de raisonnement nécessaires pour concevoir et rédiger efficacement une démonstration. Tout se juge là-dessus.

a

Rudiments de logique

Exigible Logique formelle HP

Contenus

  • Quantificateurs.
  • Implication, contraposition, équivalence.
  • Modes de raisonnement : disjonction des cas, contraposition, absurde, analyse-synthèse.
  • Raisonnement par récurrence : simple, double, forte.

Capacités & commentaires

  • L'emploi de quantificateurs comme abréviation dans une phrase est exclu.
  • Savoir former la négation d'une proposition est explicitement exigé.
  • L'analyse-synthèse est l'occasion de préciser condition nécessaire / condition suffisante.
  • On peut relier la récurrence au fait que toute partie non vide de $\N$ a un plus petit élément. Toute construction ou axiomatique de $\N$ est hors programme.
En clair

On ne vous demande pas de faire de la logique. On vous demande de parler juste. Trois compétences seulement sont réellement évaluées :

1. Écrire une proposition avec les bons quantificateurs, dans le bon ordre. C'est ce qui distingue « $f$ est bornée » de « $f$ est majorée », ou la convergence simple de la convergence uniforme que vous verrez en deuxième année. L'ordre des quantificateurs n'est pas une question de style : $\forall x\,\exists y$ et $\exists y\,\forall x$ ne disent pas la même chose.

2. Nier proprement. C'est mécanique, et c'est le geste le plus rentable de l'année : la moitié des raisonnements par l'absurde et par contraposition commencent par une négation. La règle tient en une ligne : on échange les quantificateurs, on nie la conclusion.

3. Choisir un mode de raisonnement et l'annoncer. Un correcteur doit savoir, dès la première ligne, ce que vous faites : « Raisonnons par l'absurde », « Procédons par analyse-synthèse », « Montrons la contraposée ». Ce n'est pas de la décoration, c'est ce qui rend la copie lisible.

À savoir de tête

Négation d'un quantificateur — la règle unique :

$$\neg\big(\forall x\in E,\ P(x)\big)\iff \exists x\in E,\ \neg P(x) \qquad\qquad \neg\big(\exists x\in E,\ P(x)\big)\iff \forall x\in E,\ \neg P(x)$$

Négation d'une implication, et contraposée — à ne jamais confondre :

$$\neg(P\Rightarrow Q)\iff (P \text{ et } \neg Q) \qquad\qquad (P\Rightarrow Q)\iff(\neg Q\Rightarrow \neg P)$$

Lois de De Morgan :

$$\neg(P \text{ et } Q)\iff(\neg P \text{ ou } \neg Q) \qquad\qquad \neg(P \text{ ou } Q)\iff(\neg P \text{ et } \neg Q)$$

Exemple à savoir dérouler sans hésiter : la négation de « $\forall \varepsilon>0,\ \exists N\in\N,\ \forall n\geqslant N,\ |u_n-\ell|\leqslant\varepsilon$ » est « $\exists \varepsilon>0,\ \forall N\in\N,\ \exists n\geqslant N,\ |u_n-\ell|>\varepsilon$ ».

univers P Q P ⊂ Q : « P implique Q » ÉNONCÉ P ⟹ Q CONTRAPOSÉE — équivalente ¬Q ⟹ ¬P RÉCIPROQUE — sans rapport Q ⟹ P Négation : P et ¬Q — ce n'est pas une implication.
L'implication vue comme une inclusion. La contraposée est le même énoncé ; la réciproque en est un autre, qu'il faut démontrer séparément.
Les quatre modes de raisonnement, et quand les sortir

Disjonction des cas. Quand la variable a un comportement différent selon une condition : signe, parité, position par rapport à une valeur charnière. Réflexe typique : $|x|$, la partie entière, une valeur absolue dans une inégalité.

Contraposition. Quand l'hypothèse de départ est pauvre et la conclusion riche, et que la négation de la conclusion, elle, vous donne un objet à manipuler. Test rapide : si l'énoncé contient « n'est pas », « ne divise pas », « est irrationnel », essayez la contraposée.

Absurde. Quand vous voulez démontrer une non-existence ou une unicité. On suppose la négation, on aboutit à une contradiction, on conclut. Attention : c'est souvent une contraposée déguisée, et la contraposée est plus élégante — préférez-la quand elle marche.

Analyse-synthèse. Le mode le plus sous-utilisé et le plus payant. On veut montrer qu'il existe un unique objet vérifiant une propriété. Analyse : on suppose l'objet trouvé et on en déduit sa forme forcée — cela donne l'unicité et un candidat. Synthèse : on vérifie que le candidat convient — cela donne l'existence. Le programme note que c'est l'occasion de comprendre la différence entre condition nécessaire (l'analyse) et condition suffisante (la synthèse).

Exemple canonique à connaître : décomposer une fonction $f:\R\to\R$ en somme d'une fonction paire et d'une fonction impaire. Analyse : si $f=p+i$ avec $p$ paire et $i$ impaire, alors en écrivant aussi $f(-x)=p(x)-i(x)$ on trouve $p(x)=\frac{f(x)+f(-x)}{2}$ et $i(x)=\frac{f(x)-f(-x)}{2}$ ; c'est forcé, donc unique. Synthèse : ces deux fonctions conviennent, on vérifie.

Les trois récurrences

Simple — on démontre $P(n)\Rightarrow P(n+1)$ :

$$\big(P(n_0)\ \text{ et }\ \forall n\geqslant n_0,\ P(n)\Rightarrow P(n+1)\big)\ \Longrightarrow\ \forall n\geqslant n_0,\ P(n)$$

Double — quand $P(n+2)$ dépend de $P(n+1)$ et de $P(n)$ : deux initialisations, $P(n_0)$ et $P(n_0+1)$. C'est le cas des suites récurrentes linéaires d'ordre 2 et de la suite de Fibonacci.

Forte — quand $P(n+1)$ a besoin de tous les rangs précédents : l'hypothèse de récurrence est « $P(k)$ pour tout $k$ entre $n_0$ et $n$ ». C'est ce qui sert pour l'existence de la décomposition en facteurs premiers.

Toutes trois reposent sur le même fait : toute partie non vide de $\N$ possède un plus petit élément. Vous pouvez le citer, mais pas construire $\N$.

Le piège qui coûte le plus cher Le programme interdit explicitement d'utiliser les quantificateurs comme abréviations dans une phrase française. On n'écrit pas « $\forall$ élève de la classe, il travaille ». Les symboles $\forall$, $\exists$, $\Rightarrow$, $\iff$ appartiennent aux propositions mathématiques, pas à la prose. Une copie qui écrit « $x>0 \Rightarrow$ donc $f(x)>0$ » mélange les deux registres et se fait sanctionner. Écrivez en français, et réservez les symboles aux formules.
Deuxième piège L'hérédité s'écrit « Soit $n\geqslant n_0$. Supposons $P(n)$ vraie. Montrons $P(n+1)$. » — au singulier, pour un $n$ fixé. Écrire « supposons $P(n)$ vraie pour tout $n$ » est un contresens : vous supposez ce que vous voulez démontrer. Cette phrase-là est repérée immédiatement en colle.
Astuce de rédaction Pour vérifier une négation compliquée, relisez-la à voix haute en français. « Il existe un $\varepsilon$ strictement positif tel que, pour tout rang $N$, on peut trouver un $n$ au-delà de $N$ qui s'écarte de $\ell$ de plus de $\varepsilon$. » Si la phrase française a du sens et dit bien le contraire, la négation est bonne.
Histoire

Le jour où Russell a fait s'écrouler l'œuvre de Frege

Gottlob Frege (1848–1925) · Bertrand Russell (1872–1970) · lettre de juin 1902

Frege achevait le second tome d'un ouvrage refondant les mathématiques sur la logique quand il reçut la lettre d'un jeune mathématicien anglais : votre système suppose qu'existe l'ensemble de tous les ensembles, or un tel ensemble ne peut exister. Suivait une démonstration de deux lignes — considérez l'ensemble $R$ des ensembles qui ne s'appartiennent pas à eux-mêmes, et demandez-vous si $R\in R$. Les deux réponses sont contradictoires.

Frege ne s'en remit jamais. Russell, lui, devint l'un des grands logiciens du siècle et reçut le prix Nobel de littérature en 1950. C'est exactement pour cette raison que votre programme dit « toute étude systématique de la théorie des ensembles est hors programme » : le sujet est un champ de mines, et vous n'avez besoin que du vocabulaire.

Le raisonnement par récurrence, lui, est formalisé par Blaise Pascal (1623–1662) dans son Traité du triangle arithmétique, précisément pour établir les identités sur les coefficients binomiaux que vous verrez au chapitre 2.

b

Ensembles

Exigible Axiomatique HP

Contenus

  • Ensemble, appartenance, ensemble vide.
  • Inclusion, partie (ou sous-ensemble).
  • Réunion, intersection, différence, complémentaire.
  • Produit cartésien d'un nombre fini d'ensembles.
  • Ensemble des parties d'un ensemble.
  • Recouvrement disjoint, partition.

Capacités & commentaires

  • Notation $A\setminus B$ pour la différence.
  • Pour le complémentaire : $E\setminus A$, $\overline{A}$, ou $A^{c}$ — les trois notations sont admises.
  • Notation $\mathcal{P}(E)$ pour l'ensemble des parties.
En clair

Rien de neuf par rapport au lycée, sauf deux objets qui posent problème à tout le monde en septembre.

La différence entre $\in$ et $\subset$. $x\in A$ dit que $x$ est un élément de $A$ ; $B\subset A$ dit que $B$ est un ensemble dont tous les éléments sont dans $A$. Ce sont deux relations entre objets de nature différente, et elles ne se composent pas : si $x\in A$ et $A\subset B$ alors $x\in B$, mais si $x\in A$ et $A\in B$, on ne peut rien dire.

$\mathcal{P}(E)$, l'ensemble des parties. Ses éléments sont des ensembles. Pour $E=\{1,2\}$ : $\mathcal{P}(E)=\big\{\varnothing,\{1\},\{2\},\{1,2\}\big\}$, qui a 4 éléments. Notez que $\{1\}\in\mathcal{P}(E)$ mais $\{1\}\subset E$ : le même objet, avec deux symboles différents selon qu'on le regarde comme élément de $\mathcal{P}(E)$ ou comme partie de $E$. C'est ce basculement qui déroute, et c'est aussi lui qu'on teste en colle.

Partition. Une partition de $E$ est une famille de parties de $E$, toutes non vides, deux à deux disjointes, dont la réunion est $E$. Vous la reverrez partout : classes d'équivalence, systèmes complets d'événements en probabilités, sommation par paquets au chapitre 19.

A ∪ B x ∈ A OU x ∈ B A ∩ B x ∈ A ET x ∈ B A \ B x ∈ A ET x ∉ B A ou A x ∈ E ET x ∉ A
Les quatre opérations, et leur traduction logique. Chaque opération ensembliste est exactement un connecteur logique : c'est ce dictionnaire qui rend De Morgan évident.
À savoir de tête

De Morgan, version ensembliste — c'est la même chose que la version logique :

$$\overline{A\cup B}=\overline{A}\cap\overline{B}\qquad\qquad \overline{A\cap B}=\overline{A}\cup\overline{B}$$

Distributivité croisée :

$$A\cap(B\cup C)=(A\cap B)\cup(A\cap C)\qquad\qquad A\cup(B\cap C)=(A\cup B)\cap(A\cup C)$$

Cardinal de l'ensemble des parties (démontré au chapitre 16, mais à connaître dès maintenant) :

$$\operatorname{Card}\mathcal{P}(E)=2^{\,\operatorname{Card} E}$$
La méthode qui marche à tous les coups Pour démontrer $A=B$ entre deux ensembles, on procède par double inclusion : « Soit $x\in A$ … donc $x\in B$ », puis la réciproque. Pour démontrer une égalité entre expressions ensemblistes, on peut aussi raisonner par équivalences sur l'appartenance : $x\in A\cap(B\cup C)\iff \dots \iff x\in (A\cap B)\cup(A\cap C)$. Cette seconde méthode est plus rapide, mais elle exige que chaque étape soit bien une équivalence — sinon vous n'avez démontré qu'une inclusion.
Piège $\varnothing$ n'est pas $\{\varnothing\}$. Le premier n'a aucun élément, le second en a un — à savoir l'ensemble vide. De même $\varnothing\subset A$ est vrai pour tout $A$ (l'implication « si $x\in\varnothing$ alors $x\in A$ » est vraie parce que son hypothèse ne l'est jamais), tandis que $\varnothing\in A$ est presque toujours faux.
c

Applications et relations

Exigible Ensemble quotient HP

Contenus

  • Application d'un ensemble dans un ensemble, graphe.
  • Famille d'éléments d'un ensemble.
  • Fonction indicatrice d'une partie.
  • Restriction et prolongement.
  • Image directe, image réciproque.
  • Composition. Injection, surjection ; composée de deux injections, de deux surjections.
  • Bijection, réciproque ; composée de deux bijections, réciproque de la composée.
  • Relation binaire ; relation d'équivalence et classes ; congruences dans $\R$ et $\Z$ ; relation d'ordre, partiel ou total.

Capacités & commentaires

  • Le point de vue est intuitif : une application de $E$ dans $F$ associe à tout élément de $E$ un unique élément de $F$. Le programme ne distingue pas fonction et application.
  • Notations $\mathcal{F}(E,F)$ et $F^{E}$ ; $\mathbf{1}_A$ ; $f_{|A}$ ; $f(A)$ ; $f^{-1}(B)$.
  • La notation $f^{-1}(B)$ peut prêter à confusion : on peut provisoirement en utiliser une autre. Compatibilité avec la notation $f^{-1}$ de la bijection réciproque.
  • Notation $a\equiv b\ [c]$.
  • La notion d'ensemble quotient est hors programme. Les classes d'équivalence forment une partition de l'ensemble.
En clair

C'est ici que se joue l'essentiel du chapitre, parce que ces notions reviendront littéralement partout : injectivité d'une application linéaire au chapitre 12, bijectivité pour les dénombrements au chapitre 16, image réciproque pour définir les événements en probabilités au chapitre 17.

Image directe et image réciproque ne sont pas symétriques. $f(A)=\{f(x)\mid x\in A\}$ est un sous-ensemble de l'ensemble d'arrivée. $f^{-1}(B)=\{x\in E\mid f(x)\in B\}$ est un sous-ensemble de l'ensemble de départ — et cette notation n'exige pas que $f$ soit bijective. C'est la source de confusion numéro un du chapitre, et le programme la signale lui-même.

L'image réciproque se comporte magnifiquement bien : elle commute avec toutes les opérations ensemblistes. L'image directe se comporte mal : elle ne commute qu'avec la réunion.

Relation d'équivalence. Réflexive, symétrique, transitive. L'idée : on décide que certains objets « comptent pour le même ». Les classes forment alors une partition — mais on s'arrête là, l'ensemble quotient est hors programme. La congruence $a\equiv b\ [n]$ est l'exemple à connaître, il resservira intégralement au chapitre 7.

Relation d'ordre. Réflexive, antisymétrique, transitive. Total signifie que deux éléments quelconques sont toujours comparables. L'exemple à avoir en tête d'un ordre partiel : la divisibilité sur $\N$ (3 et 5 ne sont pas comparables), ou l'inclusion sur $\mathcal{P}(E)$. Cette distinction resservira au chapitre 7 quand on montrera que le PGCD est le plus grand diviseur commun à la fois pour l'ordre naturel et pour l'ordre de divisibilité.

Injective f(x)=f(y) ⟹ x=y au plus une flèche à l'arrivée Surjective ∀y ∃x, f(x)=y au moins une flèche à l'arrivée Bijective injective ET surjective exactement une flèche
Le point d'arrivée en rose n'est atteint par aucune flèche : c'est ce qui empêche la première application d'être surjective. Comptez les flèches qui arrivent, jamais celles qui partent.
À savoir de tête

Comportement de l'image réciproque — elle commute avec tout :

$$f^{-1}(B\cup C)=f^{-1}(B)\cup f^{-1}(C)\qquad f^{-1}(B\cap C)=f^{-1}(B)\cap f^{-1}(C)\qquad f^{-1}\big(\overline{B}\big)=\overline{f^{-1}(B)}$$

Comportement de l'image directe — attention aux inclusions strictes :

$$f(A\cup A')=f(A)\cup f(A')\qquad\text{mais seulement}\qquad f(A\cap A')\subset f(A)\cap f(A')$$

L'égalité pour l'intersection a lieu si et seulement si $f$ est injective. C'est un exercice classique de colle.

Réciproque d'une composée — l'ordre s'inverse :

$$(g\circ f)^{-1}=f^{-1}\circ g^{-1}$$

Caractérisation d'une bijection par composition :

$$f \text{ bijective}\iff \exists g,\ g\circ f=\mathrm{id}_E \ \text{ et }\ f\circ g=\mathrm{id}_F$$

Indicatrices — un outil de calcul redoutable, à réutiliser en probabilités :

$$\mathbf{1}_{A\cap B}=\mathbf{1}_A\,\mathbf{1}_B\qquad \mathbf{1}_{\overline{A}}=1-\mathbf{1}_A\qquad \mathbf{1}_{A\cup B}=\mathbf{1}_A+\mathbf{1}_B-\mathbf{1}_A\mathbf{1}_B$$
Astuce : les indicatrices transforment l'ensembliste en calcul Beaucoup d'identités entre ensembles se démontrent en trois lignes en passant aux indicatrices, parce que les opérations deviennent des produits et des sommes. Deux parties sont égales si et seulement si leurs indicatrices le sont. Ce réflexe vous servira encore en probabilités, où $\mathbb{E}(\mathbf{1}_A)=\mathbb{P}(A)$ transforme des calculs d'espérance en comptages.
Piège de notation $f^{-1}(B)$ où $B$ est une partie existe toujours. $f^{-1}(y)$ où $y$ est un point n'a de sens que si $f$ est bijective — sinon, écrivez $f^{-1}(\{y\})$, qui est un ensemble éventuellement vide ou à plusieurs éléments. Le programme mentionne explicitement que la notation prête à confusion et autorise votre professeur à en utiliser une autre au début, par exemple $\overset{*}{f}(B)$ ou $f^{\leftarrow}(B)$.
Piège de raisonnement Pour montrer qu'une application est injective, on part de $f(x)=f(y)$ et on aboutit à $x=y$. Beaucoup de copies font l'inverse, partent de $x=y$ et concluent $f(x)=f(y)$ : c'est vrai pour n'importe quelle application, et ça ne démontre rien.
Histoire

Cantor, l'infini, et l'idée qu'on peut compter sans compter

Georg Cantor (1845–1918)

L'idée qu'une bijection est ce qui permet de dire « ces deux ensembles ont autant d'éléments » est due à Cantor, et elle change tout dès qu'on quitte le fini : $\N$ et $\Z$ sont en bijection, $\N$ et $\Q$ aussi, mais $\N$ et $\R$ non — c'est l'argument diagonal de 1891. Vous n'aurez pas à le savoir, mais vous utiliserez toute l'année sa conséquence pédagogique : compter, c'est mettre en bijection. C'est exactement l'esprit du chapitre 16.

Le vocabulaire injection / surjection / bijection, lui, est une invention française du groupe Bourbaki, dans les années 1930-1950 — d'où sa présence massive dans l'enseignement français et sa relative rareté ailleurs, où l'on dit plutôt one-to-one et onto.

Les limites à ne pas franchirCe qui est hors programme dans ce chapitre

« Hors programme » a une valeur juridique : ces notions ne doivent pas être enseignées et ne peuvent faire l'objet d'aucune épreuve d'évaluation, y compris aux concours. Les connaître ne vous pénalise pas ; les utiliser dans une démonstration exigible, si — vous auriez alors démontré un résultat du programme avec un outil que le correcteur n'a pas le droit de supposer connu.

NotionStatutCe que ça implique
Étude systématique de la logiqueHors programmePas de calcul propositionnel, pas de tables de vérité pour elles-mêmes, pas de logique du premier ordre.
Théorie des ensemblesHors programmePas d'axiomes de ZF, pas d'axiome du choix, pas de cardinaux transfinis.
Construction et axiomatique de $\N$Hors programmeLes axiomes de Peano ne sont pas au programme. On admet que toute partie non vide de $\N$ a un plus petit élément et on s'en sert.
Ensemble quotientHors programmeLes classes d'équivalence existent et forment une partition, mais on ne construit pas $E/\mathcal{R}$. Conséquence directe : au chapitre 7, les anneaux $\Z/n\Z$ sont eux aussi hors programme, et on travaille avec des congruences.
Distinction fonction / applicationNon distinguéesLe programme dit explicitement qu'il ne les distingue pas. Ne perdez pas de temps là-dessus.
Barycentres (développement général)Hors programmeSignalé au chapitre 6 à propos de l'inégalité de Jensen, mais la remarque vaut ici : on ne fait pas de théorie des barycentres.

Travailler ce chapitreRessources

Cours Exercices corrigés
  • ExosBibm@th — Math Sup : « Un peu de logique », « Ensembles, applications, relations », quiz et « préparer sa colle ».
  • ExosBibm@th — base d'exercices : environ 2 600 exercices corrigés, filtrables par thème.
  • Exosmaths-france.fr (Jean-Louis Rouget) — planches de math sup ; une partie est gratuite.
  • LivrePaul Halmos, Naive Set Theory — 100 pages, pour ceux que le sujet démange. Entièrement hors programme.
Vidéos et portails

Pour ce chapitre précisémentOutils utiles

Ce chapitre est le seul de l'année où l'outil qui compte n'est pas un logiciel de calcul, mais un outil d'écriture. Vous allez rédiger des centaines de démonstrations : investissez maintenant.

  • ÉcrireOverleaf — LaTeX dans le navigateur, sans installation, gratuit pour un usage personnel. Le bon moment pour apprendre à taper des maths proprement, c'est maintenant : vous en aurez besoin pour vos TIPE.
  • ÉcrireDetexify — vous dessinez un symbole, il vous donne la commande LaTeX. Indispensable les premières semaines.
  • RéviserAnki — répétition espacée, gratuit sur ordinateur et Android (payant sur iOS). Idéal pour les négations de quantificateurs, les définitions et, plus tard, les développements limités usuels.
  • VérifierWolframAlpha — utile pour tester une conjecture sur un exemple, jamais pour rédiger à votre place.

La page Outils, logiciels, matériel détaille l'ensemble : environnement Python, calcul formel, iPad et prise de notes manuscrite, machine virtuelle Linux pour l'informatique.