Trois chapitres en un : une étude algébrique du corps $\C$, une géométrie du plan, et une machine à fabriquer des formules de trigonométrie. Le programme demande de l'illustrer par de nombreuses figures — faites-les.
Champ AlgèbreSemestre 1Points a → hRéinvesti au ch. 10, 12, 14
Ce que dit le programme sur cette section
Trois objectifs affichés
L'étude algébrique du corps $\C$ et la notion d'équation algébrique — c'est la porte d'entrée vers les polynômes du chapitre 10.
L'interprétation géométrique des nombres complexes et leur utilisation en géométrie plane — alignement, orthogonalité, similitudes directes.
L'exponentielle complexe et ses applications à la trigonométrie — c'est-à-dire tout le chapitre 2 refondu en une seule identité.
Une limite d'entrée : la construction de $\C$ est hors programme. On ne démontre pas qu'un tel corps existe, on l'utilise. De même, l'étude générale des similitudes est hors programme : seules les similitudes directes $z\mapsto az+b$ sont au menu.
a
Nombres complexes
ExigibleConstruction de $\C$ HP
Contenus
Parties réelle et imaginaire ; opérations.
Brève extension à $\C$ du calcul de $\sum_{k=0}^n x^k$, de la factorisation de $a^n-b^n$, de la formule du binôme.
Point du plan associé à un complexe ; affixe d'un point, d'un vecteur.
Capacités & commentaires
La construction de $\C$ est hors programme.
On identifie $\C$ au plan usuel muni d'un repère orthonormé direct : le « plan complexe ».
En clair
Le seul point neuf par rapport au lycée est l'extension des identités de calcul du chapitre 2. Elle est gratuite, parce que ces identités ne reposaient que sur les règles de calcul d'un corps commutatif — et $\C$ en est un. Retenez-en la logique : une identité algébrique reste vraie partout où les opérations obéissent aux mêmes règles. C'est exactement ce qu'on formalisera au chapitre 8 avec les anneaux.
Le mot « corps » est employé ici par anticipation ; il sera défini au chapitre 8. Dans le programme de MP2I, tous les corps sont commutatifs par convention.
Piège
$\mathrm{Re}$ et $\mathrm{Im}$ sont additives, mais pas multiplicatives : $\mathrm{Re}(zz')\neq\mathrm{Re}(z)\mathrm{Re}(z')$. Et $\mathrm{Im}(z)$ est un réel : dans $z=a+ib$, la partie imaginaire est $b$, pas $ib$.
b
Conjugaison et module
Exigible
Contenus
Conjugaison, compatibilité avec les opérations.
Module ; relation $|z|^2=z\bar z$ ; module d'un produit, d'un quotient.
Inégalité triangulaire, cas d'égalité.
Capacités & commentaires
Image du conjugué dans le plan complexe : symétrie par rapport à l'axe réel.
Interprétation géométrique de $|z-z'|$ : la distance. Cercles et disques.
En clair
Deux outils, deux usages complètement différents.
La conjugaison sert à caractériser. $z\in\R\iff \bar z=z$, et $z\in i\R\iff\bar z=-z$. Ces deux équivalences remplacent avantageusement le passage en parties réelle et imaginaire, qui alourdit les calculs.
Le module sert à mesurer. $|z-z'|$ est la distance entre les points d'affixes $z$ et $z'$ : une équation $|z-a|=r$ décrit un cercle, une inégalité $|z-a|\leqslant r$ un disque. C'est la traduction géométrique qu'il faut avoir en réflexe.
Le lien entre les deux est $|z|^2=z\bar z$, et c'est l'identité la plus utile du chapitre : elle transforme un module (qui contient une racine carrée, donc résiste au calcul) en un produit (qui se manipule). Toutes les démonstrations sur les modules passent par elle.
À savoir de tête
$$\overline{z+z'}=\bar z+\overline{z'}\qquad \overline{zz'}=\bar z\,\overline{z'}\qquad \overline{\left(\tfrac{z}{z'}\right)}=\frac{\bar z}{\overline{z'}}\qquad \overline{\bar z}=z$$
$$\mathrm{Re}(z)=\frac{z+\bar z}{2}\qquad \mathrm{Im}(z)=\frac{z-\bar z}{2i}\qquad |z|^{2}=z\bar z$$
$$\big||z|-|z'|\big|\ \leqslant\ |z+z'|\ \leqslant\ |z|+|z'|$$
Cas d'égalité dans $|z+z'|=|z|+|z'|$ : les vecteurs sont positivement colinéaires, autrement dit $z=0$, ou $z'=\lambda z$ avec $\lambda\in\R_+$. Le cas d'égalité est explicitement au programme — il tombe souvent, et il est mal su.
Astuce
Pour montrer une identité de modules, élevez au carré et utilisez $|z|^2=z\bar z$ : vous transformez un problème avec racines carrées en un calcul algébrique. Exemple : l'identité du parallélogramme $|z+z'|^2+|z-z'|^2=2(|z|^2+|z'|^2)$ se démontre en trois lignes ainsi, et pas autrement.
c
Nombres complexes de module 1 et trigonométrie
Exigible
Contenus
Identification du cercle trigonométrique et de l'ensemble des complexes de module 1 ; définition de $e^{it}$ pour $t$ réel.
Exponentielle d'une somme.
Formules d'Euler.
Formule de Moivre.
Capacités & commentaires
Notation $\U$.
Technique de l'angle moitié : factorisation de $1\pm e^{it}$, de $e^{ip}\pm e^{iq}$.
Linéarisation ; calcul de $\sum_{k=0}^{n}\cos(kt)$ et $\sum_{k=0}^{n}\sin(kt)$.
Savoir retrouver $\cos(nt)$ et $\sin(nt)$ en fonction de $\cos t$ et $\sin t$.
En clair
C'est le cœur du chapitre et le point le plus rentable de tout le premier semestre. L'idée tient en une phrase : toute question de trigonométrie devient une question de calcul algébrique une fois qu'on sait que $e^{it}=\cos t+i\sin t$.
Trois techniques, à travailler jusqu'à l'automatisme :
La linéarisation. Pour transformer $\cos^n t$ ou $\sin^n t$ en combinaison de $\cos(kt)$ : on écrit $\cos t=\frac{e^{it}+e^{-it}}{2}$, on développe par le binôme, on regroupe les termes conjugués. C'est ce qu'il faut faire chaque fois qu'on doit intégrer une puissance de sinus ou de cosinus — donc très souvent au chapitre 15 et en physique.
L'anti-linéarisation (Moivre). Le mouvement inverse : $\cos(nt)$ et $\sin(nt)$ s'expriment en fonction de $\cos t$ et $\sin t$ en développant $(\cos t+i\sin t)^n$ par le binôme et en séparant partie réelle et partie imaginaire.
L'angle moitié. La technique la plus caractéristique de la prépa, et celle qu'on repère immédiatement chez un étudiant qui a compris : pour factoriser une somme d'exponentielles, on met en facteur l'exponentielle de la demi-somme des arguments. Ce qui reste est alors de la forme $e^{i\theta}+e^{-i\theta}=2\cos\theta$, donc réel.
En prenant partie réelle et partie imaginaire de la dernière, on retrouve instantanément $\cos p+\cos q=2\cos\frac{p+q}{2}\cos\frac{p-q}{2}$ et $\sin p+\sin q=2\sin\frac{p+q}{2}\cos\frac{p-q}{2}$. C'est ce que le programme entend par « savoir retrouver ».
Somme de cosinus — l'exercice canonique, à savoir refaire de bout en bout :
Somme géométrique du chapitre 2, puis angle moitié au numérateur et au dénominateur. Valable pour $t\not\equiv0\ [2\pi]$ ; le cas $t\equiv0$ se traite à part et donne $n+1$.
Piège
$2\cos\frac t2$ n'est pas toujours positif : ce n'est donc pas le module de $1+e^{it}$ en général. Écrire $|1+e^{it}|=2\cos\frac t2$ est faux dès que $\cos\frac t2<0$. La bonne écriture est $|1+e^{it}|=2\left|\cos\frac t2\right|$, et si vous voulez un argument, il faut discuter du signe. C'est une erreur classique en colle, et elle est repérée immédiatement.
Le réflexe à installer
Devant toute somme trigonométrique, la marche à suivre est toujours la même : passer aux exponentielles, sommer géométriquement, factoriser par l'angle moitié, reprendre la partie réelle ou imaginaire. Quatre gestes, dans cet ordre. Faites-en dix, et le chapitre est acquis.
d
Forme trigonométrique
Exigible
Contenus
Forme trigonométrique $re^{i\theta}$ ($r>0$) d'un complexe non nul.
Arguments ; arguments d'un produit, d'un quotient.
Capacités & commentaires
Transformation de $a\cos t+b\sin t$ en $A\cos(t-\varphi)$.
En clair
L'argument n'est pas un nombre : c'est une classe de réels modulo $2\pi$. Écrire $\arg(zz')=\arg z+\arg z'$ n'a de sens que modulo $2\pi$, et il faut l'écrire : $\arg(zz')\equiv\arg z+\arg z'\ [2\pi]$. Le zéro n'a pas d'argument.
La transformation $a\cos t+b\sin t=A\cos(t-\varphi)$ est explicitement exigible et se retrouve en dix secondes : on factorise par $A=\sqrt{a^2+b^2}$, ce qui fait apparaître un couple $\left(\frac aA,\frac bA\right)$ de somme des carrés égale à 1, donc de la forme $(\cos\varphi,\sin\varphi)$. C'est le seul outil dont on ait besoin, et il est massivement utilisé en physique — régime forcé d'un oscillateur, superposition d'ondes de même pulsation.
Le plan complexe et son dictionnaire. Le programme insiste : cette section doit être illustrée par de nombreuses figures. Ce dictionnaire est ce qu'il faut avoir en tête à chaque énoncé de géométrie.e
Équations algébriques
Exigible
Contenus
Pour $P$ fonction polynomiale à coefficients complexes admettant $a$ pour racine : factorisation de $P(z)$ par $z-a$.
Résolution des équations du second degré dans $\C$ ; somme et produit des racines.
Calcul des racines carrées d'un complexe donné sous forme algébrique.
Capacités & commentaires
Premier contact avec ce qui deviendra le chapitre 10 (polynômes).
En clair
Deux techniques concrètes, et une idée.
La technique 1 : racines carrées sous forme algébrique. Pour trouver $\omega$ tel que $\omega^2=z$ avec $z=a+ib$, on pose $\omega=x+iy$ et on écrit un système de trois équations : $x^2-y^2=a$ (partie réelle), $2xy=b$ (partie imaginaire), et $x^2+y^2=|z|$ (modules). La troisième est celle qu'on oublie, et c'est elle qui rend le système linéaire en $x^2,y^2$ ; le signe de $b$ donne alors le signe relatif de $x$ et $y$.
La technique 2 : le second degré dans $\C$. Même formule qu'au lycée, mais $\Delta$ n'a plus de signe : on cherche une racine carrée $\delta$ de $\Delta$ (par la technique 1 si nécessaire), et les racines sont $\frac{-b\pm\delta}{2a}$. Il y a toujours deux racines, éventuellement confondues.
L'idée : si $a$ est racine de $P$, alors $z-a$ divise $P$. Cette phrase, démontrée ici sur des exemples, sera le théorème central du chapitre 10 et le socle de la factorisation des polynômes.
À savoir de tête
$$az^{2}+bz+c=0 \ (a\neq0)\quad\Longrightarrow\quad z=\frac{-b\pm\delta}{2a}\ \text{ où } \delta^{2}=\Delta=b^{2}-4ac$$
$$z_1+z_2=-\frac{b}{a}\qquad\qquad z_1z_2=\frac{c}{a}$$
Ces deux relations — les premières « formules de Viète » — servent constamment pour reconstruire une équation à partir de ses racines, ou pour calculer une expression symétrique des racines sans les calculer.
Astuce
Quand un coefficient de l'équation est réel et qu'une racine « évidente » se devine ($1$, $-1$, $i$…), testez-la : la factorisation par $z-a$ ramène le degré 3 au degré 2, et le degré 2 se résout toujours. C'est le schéma de presque tous les exercices d'équations de degré 3 en MPSI.
f
Racines n-ièmes
Exigible
Contenus
Description des racines $n$-ièmes de l'unité.
Racines $n$-ièmes d'un complexe non nul donné sous forme trigonométrique.
Capacités & commentaires
Notation $\U_n$.
Représentation géométrique : les racines forment un polygone régulier inscrit dans le cercle unité.
En clair
Un objet qui reviendra sous quatre noms différents dans l'année : $\U_n$ est un groupe (chapitre 8), c'est l'ensemble des racines du polynôme $X^n-1$ (chapitre 10), et sa somme nulle sert à des calculs de dénombrement et de sommes trigonométriques.
La méthode générale pour résoudre $z^n=Z$ est toujours la même : mettre $Z$ sous forme trigonométrique $\rho e^{i\alpha}$, chercher $z=re^{i\theta}$, identifier les modules ($r=\rho^{1/n}$, racine $n$-ième réelle positive) et les arguments modulo $2\pi$ — c'est ce « modulo » qui produit les $n$ solutions distinctes, correspondant à $k=0,\dots,n-1$.
À savoir de tête
$$\U_n=\left\{e^{\frac{2ik\pi}{n}}\ \middle|\ k\in\{0,1,\dots,n-1\}\right\},\qquad \operatorname{Card}\U_n=n$$
Somme des racines $n$-ièmes de l'unité — conséquence de la somme géométrique, à connaître :
$$\sum_{k=0}^{n-1}e^{\frac{2ik\pi}{n}}=0\qquad\text{dès que } n\geqslant2$$
Solutions générales de $z^{n}=\rho e^{i\alpha}$ avec $\rho>0$ :
Autrement dit : une solution particulière, multipliée par toutes les racines $n$-ièmes de l'unité. Cette structure — solution particulière $\times$ solutions homogènes — est exactement celle qu'on retrouvera pour les équations différentielles et les systèmes linéaires.
Les racines $n$-ièmes de l'unité sont les sommets du polygone régulier à $n$ côtés inscrit dans le cercle unité, l'un des sommets étant $1$. Leur somme est nulle : c'est le centre de gravité du polygone.
À connaître par cœur
$j=e^{2i\pi/3}=-\frac12+i\frac{\sqrt3}{2}$, avec $j^3=1$, $j^2=\bar j=\frac1j$ et $1+j+j^2=0$. Ce nombre apparaît dans une quantité déraisonnable d'exercices, et en physique dans les systèmes triphasés.
g
Exponentielle complexe
Exigible
Contenus
Définition de $e^{z}$ pour $z$ complexe : $e^{z}=e^{\mathrm{Re}(z)}e^{i\,\mathrm{Im}(z)}$.
Exponentielle d'une somme.
$\exp(z)=\exp(z')$ si et seulement si $z-z'\in2i\pi\Z$.
Capacités & commentaires
Notations $\exp(z)$, $e^{z}$ ; module et arguments de $e^{z}$.
Résolution de l'équation $\exp(z)=a$.
En clair
La définition est posée, pas construite : on décide que $e^{x+iy}=e^{x}e^{iy}$, et on vérifie que ça se comporte bien. On lit alors directement : $|e^z|=e^{\mathrm{Re}(z)}$, et $\mathrm{Im}(z)$ est un argument.
Le fait marquant : l'exponentielle complexe n'est pas injective. Elle est $2i\pi$-périodique. Conséquence immédiate : il n'existe pas de « logarithme complexe » bien défini comme fonction, et l'équation $e^z=a$ (avec $a\neq0$) a une infinité de solutions, formant une famille $z_0+2ik\pi$. C'est la première fois de l'année qu'on rencontre une fonction usuelle non injective sur son domaine naturel — souvenez-vous-en au chapitre 6, quand il faudra restreindre pour construire des réciproques.
Notez aussi que $e^z$ ne s'annule jamais, puisque $|e^z|=e^{\mathrm{Re}(z)}>0$.
À savoir de tête
$$e^{z}=e^{a}\big(\cos b+i\sin b\big)\ \text{ pour }z=a+ib,\qquad |e^{z}|=e^{a},\qquad \arg(e^{z})\equiv b\ [2\pi]$$
$$e^{z}=e^{z'}\iff z-z'\in 2i\pi\Z \qquad\qquad e^{z}=1\iff z\in2i\pi\Z$$
Résolution de $e^{z}=a$ avec $a=\rho e^{i\alpha}$, $\rho>0$ :
$$z=\ln\rho+i(\alpha+2k\pi),\qquad k\in\Z$$
Et l'identité d'Euler, cas particulier $z=i\pi$ : $\ e^{i\pi}+1=0$.
h
Interprétation géométrique
ExigibleSimilitudes générales HP
Contenus
Interprétation géométrique des module et arguments de $\dfrac{c-a}{b-a}$.
Interprétation géométrique de $z\mapsto az+b$ pour $(a,b)\in\C^{*}\times\C$.
Interprétation géométrique de la conjugaison.
Capacités & commentaires
Traduction de l'alignement, de l'orthogonalité.
Similitudes directes ; cas particuliers : translations, homothéties, rotations.
L'étude générale des similitudes est hors programme.
En clair
Un seul quotient à comprendre, et toute la géométrie plane du chapitre en découle. Si $A$, $B$, $C$ ont pour affixes $a$, $b$, $c$ avec $a\neq b$ et $a\neq c$ :
$\left|\dfrac{c-a}{b-a}\right|=\dfrac{AC}{AB}$ — un rapport de longueurs ;
$\arg\dfrac{c-a}{b-a}\equiv\big(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\big)\ [2\pi]$ — l'angle orienté en $A$.
D'où les deux traductions à connaître : $A$, $B$, $C$ sont alignés si et seulement si ce quotient est réel ; les droites $(AB)$ et $(AC)$ sont orthogonales si et seulement si il est imaginaire pur.
Quant à $z\mapsto az+b$ avec $a\neq0$ : en écrivant $a=ke^{i\theta}$, on lit une homothétie de rapport $k$ composée d'une rotation d'angle $\theta$, puis d'une translation. Si $a\neq1$, cette application a un unique point fixe $\omega=\frac{b}{1-a}$, et elle s'écrit alors $z-\omega\mapsto a(z-\omega)$ : c'est la similitude directe de centre $\omega$, de rapport $|a|$ et d'angle $\arg a$.
Astuce de méthode
Devant un exercice de géométrie plane, la question à se poser est : « les complexes rendent-ils ce problème calculable ? » La réponse est oui dès qu'il est question d'angles orientés, de rotations, de configurations équilatérales ou de polygones réguliers. Elle est plutôt non pour des questions de distances pures ou de produits scalaires, qui relèveront du chapitre 18.
Le classique à connaître
« $ABC$ est équilatéral direct si et seulement si $a+jb+j^2c=0$ » : un exercice que tout le monde rencontre, qui recombine $\U_3$ et le quotient ci-dessus. Sachez le retrouver, pas le réciter.
Les limitesCe qui est hors programme dans ce chapitre
Notion
Statut
Commentaire
Construction de $\C$
Hors programme
Ni les couples de réels, ni le quotient $\R[X]/(X^2+1)$. On admet l'existence de $\C$.
Étude générale des similitudes
Hors programme
Seules $z\mapsto az+b$ et la conjugaison sont interprétées. Pas de classification des isométries, pas de similitudes indirectes générales.
Logarithme complexe
Hors programme
On résout $e^z=a$, mais on ne définit pas de fonction $\log$ sur $\C$ ni de détermination principale.
Théorème de d'Alembert-Gauss
Chapitre 10
Il n'est pas énoncé ici. Il le sera au chapitre 10, et sa démonstration y est hors programme.
Racines de l'unité et groupes cycliques
Chapitre 8
$\U_n$ apparaît ici comme ensemble ; sa structure de groupe est traitée au chapitre 8. Les générateurs et l'indicatrice d'Euler ne sont pas au programme.
LivreMansuy — Mathématiques MPSI : chapitre complexes, avec fiches de synthèse et vrai/faux, utiles avant une colle.
Exercices corrigés
ExosBibm@th — trois rubriques distinctes : « différentes écritures », « équations », « géométrie », plus « trigonométrie et nombres complexes ».
Exosmaths-france.fr — planches d'exercices avec corrigés détaillés ; une partie du site est payante, les planches d'exercices sup sont largement accessibles.
ExosCPGE Paradise — annuaire : y récupérer les DS et colles de plusieurs MPSI (Genouel, Louboutin, Francinou), pour s'entraîner sur de vrais sujets.
VidéoMathemat'Exos — exercices corrigés niveau prépa, très utile pour voir des rédactions complètes.
Vidéo3Blue1Brown — les vidéos sur $e^{i\pi}$ et sur les nombres complexes en tant que transformations ; en anglais, sous-titrées, et sans équivalent pour l'intuition géométrique.
Logiciels
ExplorerGeoGebra — nombres complexes : tapez directement 3+2i, GeoGebra place le point. Idéal pour visualiser $z\mapsto z^2$ ou les racines $n$-ièmes.
CalculerXcas — tlin, texpand, cZeros pour les racines complexes d'un polynôme.
ProgrammerPython — le type complex est natif (1+2j, avec j et non i), et cmath fournit phase, polar, exp. Tracer les racines $n$-ièmes avec matplotlib prend cinq lignes et vaut une fiche.
Histoire
Des nombres « impossibles » nés d'un problème qui, lui, avait une solution réelle
Scipione del Ferro, Tartaglia, Cardan (1545) · Rafael Bombelli (1572) · Wessel (1797), Argand (1806), Gauss (1831) · Euler (1748)
Contrairement à ce qu'on raconte souvent, les complexes ne naissent pas de $x^2+1=0$ — devant cette équation, les mathématiciens du XVIe siècle concluaient simplement qu'elle n'avait pas de solution, et passaient à autre chose. Ils naissent du degré 3. La formule de Cardan, publiée en 1545, résout $x^3=px+q$ ; mais dans le « cas irréductible », où l'équation possède pourtant trois racines réelles bien visibles, la formule oblige à passer par des racines carrées de nombres négatifs. Impossible d'ignorer un objet dont le calcul, mené aveuglément, redonne le bon résultat réel.
Bombelli, en 1572, ose poser les règles de calcul sur ces quantités et vérifie que tout se recolle. Il faudra pourtant deux siècles et demi pour que le plan complexe soit dessiné — par Wessel, arpenteur norvégien, en 1797, puis Argand en 1806, avant que Gauss ne lui donne son autorité en 1831 et n'impose le mot « complexe ». Entre-temps Euler avait posé, en 1748, la relation $e^{ix}=\cos x+i\sin x$ qui fait de ce chapitre ce qu'il est.
La formule de Moivre, elle, doit son nom à Abraham de Moivre (1667–1754), huguenot français réfugié à Londres après la révocation de l'édit de Nantes, ami de Newton, et par ailleurs l'un des fondateurs du calcul des probabilités — vous recroiserez son nom au chapitre 17.